La famille Baldès
Juliette Baldès
Une vigneronne dans
l’ère de son temps
Une passion enracinée mais une vision d’avenir
Fille de Jean-Luc et Sabine Baldès, Juliette incarne la 7ᵉ génération du Clos Triguedina. Mais avant de reprendre le flambeau familial, elle a choisi de partir loin, observer, comprendre, s’inspirer. De l’Argentine à l’Italie, de la Nouvelle-Zélande au Canada, elle a travaillé dans des domaines viticoles de toutes tailles, expérimenté des climats extrêmes, affûté son œil et ses sens.
C’est en Argentine, patrie d’adoption du cépage, qu’elle mesure toute la singularité du Malbec de Cahors : « Là-bas, les vins sont fruités, souples, charmeurs… Ici, ils ont plus de relief, plus de profondeur. Les terroirs de Cahors racontent l’histoire, bien plus que le cépage lui-même. La différence, ce sont les racines : chez nous, elles plongent plus profondément et expriment le terroir. »
À son retour, Juliette ne revient pas les mains vides. Elle apporte une lecture nouvelle du métier, mêlant rigueur, curiosité, et envie de faire différemment. Elle comprend que l’avenir passe autant par le respect du patrimoine familial que par l’ouverture, l’innovation et le décloisonnement.
Une technicienne exigeante à l’écoute du vivant
Juliette est une vigneronne attentive, proche de ses vignes comme de ses vins. Animée par la volonté de préserver l’héritage familial tout en l’ancrant dans son époque, elle défend une approche fondée sur la sincérité, la précision et le partage d’expériences authentiques.
« Pour moi, un grand vin, c’est un vin qui touche, qui raconte, qui rassemble. J’ai envie de créer des cuvées qui ont du sens et de proposer des moments immersifs, au plus près de la terre et des gens qui la font vivre. »
La voix d’une nouvelle génération cadurcienne
Juliette fait partie de cette génération qui bouscule les codes sans renier ses racines. Le vin est son langage, celui du partage, de la convivialité et du lien.
À travers des événements festifs, culturels et conviviaux, elle imagine des moments de partage où le Clos Triguedina se découvre autrement : plus libre, plus ouvert, plus vivant.
Jean-Luc Baldès
Artisan du renouveau
de Cahors
Précurseur technique, vigneron engagé
Jean-Luc Baldès n’a jamais cherché la lumière mais il a éclairé l’avenir de l’appellation Cahors. Dans les années 1970, alors que le vignoble cadurcien se reconstruit lentement, il révolutionne les pratiques. En 1976, il installe le premier chai inox de l’appellation, inspiré des plus grands domaines bordelais. En 1978, il est l’un des premiers à maîtriser la thermorégulation des cuves, garantissant la précision des fermentations et la pureté du fruit.
Une vision exigeante et assumée
Il en est convaincu : l’appellation Cahors mérite d’être reconnue parmi les grands. Jean-Luc Baldès rêve d’un vin noir qui conjugue puissance, fraîcheur, profondeur, mais aussi finesse, droiture et élégance. Cette quête l’amène à repenser la hiérarchie des vins, à créer des cuvées parcellaires à l’image de La Trilogie, à tendre vers une forme de « Grand Cru de Cahors », même sans classification officielle.
L'équilibre comme signature
Chaque vin signé Jean-Luc Baldès est le reflet d’un terroir maîtrisé et d’un style équilibré, loin des effets de mode. Il dit souvent : « La puissance ne doit jamais écraser l’élégance. Le vrai vin est celui qui laisse une empreinte sans jamais imposer. » Telle est la définition de l’une de ses cuvées emblématiques, Probus. Si Jean-Luc s’inspire de la noblesse des Bordeaux et de la rigueur des Bourgogne, il ne copie jamais. Il se forge une identité propre, l’identité du Clos Triguedina où le terroir s’exprime librement, sans artifices. Il a su redonner à l’appellation Cahors son prestige millésime après millésime.
Défie les codes de Cahors
Parmi ses œuvres les plus emblématiques, The New Black Wine est sans doute la plus personnelle. Inspirée d’un vin oublié du Moyen-Âge, autrefois servi à la cour d’Angleterre et de Russie, cette cuvée rend hommage aux vins noirs de Cahors, exportés jadis sur des gabares jusqu’à Bordeaux.
Plutôt que de reproduire la méthode ancienne – chauffe directe dans des chaudrons –, Jean-Luc innove. Il fait sécher les raisins sur des claies dans le four à pruneaux de son cousin, à deux kilomètres du domaine. Ce passerillage maîtrisé confère au vin une concentration exceptionnelle, tout en conservant la fraîcheur du fruit et en apportant des tannins extrêment veloutés.
Issu d’une production confidentielle, The New Black Wine est un vin pour ceux qui n’aiment pas les certitudes. Son profil singulier, déroutant pour certains, fascinera les esprits les plus ouverts et curieux. À la croisée de l’histoire et de l’avant-garde, cette cuvée révèle une part de mystère — la face cachée de Cahors.
1994, Une année charnière
La Reconnaissance d’un maître vigneron
En 1994, Jean-Luc Baldès est nommé Vigneron de l’année par le Guide Hachette, Fleurus et Gault et Millau. Ce titre récompense son engagement constant pour la qualité, son exigence à la vigne comme au chai, et la précision horlogère dans l’assemblage. Il rejoint également les membres de l’Académie du Vin de France, aux côtés de vignerons iconiques, incarnant la mémoire et l’excellence du patrimoine viticole français. Une reconnaissance discrète, rare, mais précieuse, qui témoigne de sa place unique dans l’univers cadurcien.
Sabine Baldès
La voix de la Bourgogne
dans le Quercy
De Beaune à Cahors :
un destin viticole
Sabine Baldès est née à Beaune, capitale historique des vins de Bourgogne. Issue d’une famille enracinée dans la culture viticole, elle a grandi avec l’idée que le vin n’est pas seulement une boisson, mais un langage, une culture, un patrimoine. Son regard bourguignon aiguisé et pertinent l’a naturellement conduit à rechercher l’excellence partout où elle passe.
En 1996, alors jeune cheffe de projet au service des collectivités locales, Sabine découvre le Lot… et Jean-Luc Baldès. Coup de foudre personnel et professionnel. Elle décide de rester, de s’engager, et de mettre son exigence au service d’un terroir encore trop méconnu. « Je suis venue avec mes racines bourguignonnes, et j’ai planté ici les graines de mon avenir », dit-elle souvent.
Formée au droit, dotée d’un sens aigu de l’organisation, Sabine apporte structure, méthode et ambition à la Famille Baldès. Sa force : faire le lien entre la mémoire du domaine et sa projection vers l’avenir, aujourd’hui aux côtés de Jean-Luc et de ses enfants. Elle croit en la valeur pédagogique du vin, à condition de le rendre accessible sans le simplifier. Elle est la voix qui éclaire, explique et inspire.
L’âme de l’œnotourisme au Clos
En 2014, Sabine Baldès décide de se consacrer pleinement au domaine. Elle identifie une nécessité : créer un espace d’accueil à la hauteur du travail fourni à la vigne et en cave. C’est ainsi qu’elle imagine et porte la création du Pavillon des Vins, un bâtiment d’architecture contemporaine sobre et élégante, symbole d’un domaine enraciné dans la tradition, mais résolument tourné vers l’avenir. Elle repense l’accueil dans sa globalité : visites guidées thématiques, dégustations pédagogiques, parcours dans les terroirs, sensibilisation à la vinification et à l’histoire du domaine. Tout est pensé pour que chaque visiteur reparte avec une émotion, un souvenir, une compréhension plus fine du vin.
Grâce à son impulsion, le domaine devient une référence œnotouristique à Cahors, attirant plus de 3 000 visiteurs chaque année, devenant l’un des fleurons touristiques de la vallée du Lot. Avec une conviction forte :
« Ce n’est pas au visiteur de s’adapter au domaine, c’est à nous de le faire entrer dans notre histoire avec simplicité et exigence. »
L’engagement au cœur de l’action
Sous la direction de Sabine, le Clos Triguedina devient en 2024 le premier domaine de l’appellation Cahors à être labellisé « Vignerons Engagés », label prônant les trois piliers du développement durable : environnement, social et économique. Elle veille à valoriser chaque collaborateur, à garantir de bonnes conditions de travail et d’accueil, et à insuffler une culture d’entreprise alignée avec les valeurs familiales : bienveillance, excellence, engagement.
« L’engagement, ça ne se décrète pas. Ça se construit. » Grâce à elle, le Clos Triguedina n’est pas seulement un domaine viticole – c’est un projet collectif, vivant et inspirant.